Présentation

Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 00:41

Bonjour à toutes et à tous ! Que tu sois l'ami qui me visite occasionnellement et que je connais, ou l'illustre inconnu du Qatar qui en voulant taper le nom bizarre d'un nouveau soda atterrit sur cette page faible en bulles, qui que tu fus, étais, sois, ou sera, je n'ai qu'un mot à dire : j'espère que tu vas bien (gros bisous) ! Laissons-là le temps de l'Internet, rendu encore plus excessif et démesurément hâtif par Twitter, Facebook, le réseau social à tout prix : il va de soi que mon blog est depuis longtemps sorti de ces normes. Il est hélas aussi sorti des normes humaines communément admises, et pourtant toujours là heureusement, preuve que 1) Internet garde vraiment tout, 2) ça en fait des serveurs utilisés pour pas grand chose.

J’ai récemment compris que le moment où je suis devenu un vieux con de l’informatique équivaut dans mon exemple à celui où je ne me suis plus reconnu dans cet excès d’informations, dans ce besoin irréaliste de communiquer sur tout et de mettre absolument tout en relation et en réseau. Autant je suis fortement intéressé (rien que de par mon travail) par les innovations du web et y vois une façon de détruire certains carcans, autant je suis désolé que la façon dont on le traite et dont on le vend passe souvent par des choses d’une rare futilité. Je suis prêt à accompagner le web 2.0 et même le 3.0 tant que la coquille sera pleine et goûtue. Voilà !

Une introduction sans autre rapport avec Shadow of the Colossus que la nécessité de revenir vers des expériences profitables, originales et marquantes. Cette courte mais grisante épopée qu’on classera dans le genre action-aventure est sortie en 2005 sur Playstation 2. Cet article tâchera d’expliquer pourquoi, en dépit de ses nombreux défauts, ce jeu est un des plus grands jamais sortis.


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La première chose que je vais faire est de montrer, nom d’un os à moelle, ce qu’est le but du jeu. Non mais c’est vrai quoi. Vous avez déjà lu des articles sur SotC ??? Ils mettent des plombes à construire à l’aide de superlatifs les marches qui le rapprochent au rang d’œuvre d’aaaart, mais au bout de cinq minutes on ne sait toujours pas ce qu’il faut faire dans ce !$#@% de jeu. Ben moi je vais vous le dire. C’est mon style : je suis pur, je suis vrai, je suis né comme ça. Faites bien gaffe, vous allez être déçu : le but de SotC c’est de trouver des monstres géants et de leur péter la gueule. L’abonné à Télérama que vous ne manquerez pas d’être est déconfit. Pas de dimension supérieure et impénétrable dans le jeu vidéo ? Pas de système complexe ? De… de la violence ? Et oui, et c’est en quoi SotC est malin, il reste un jeu vidéo et pas un objet interactif non identifié, catégorie dans laquelle on range les réussites et surtout les canards boîteux, pompeux et prétentieux. SotC a ceci de magique qu’il apporte au jeu vidéo traditionnel des dimensions jusqu’alors peu explorées.

Le pitch se révèle rapidement très, très simple : un jeune cavalier du nom de Wander va de montagnes en vallons sur son destrier Agro. Celui-ci porte aussi un corps de jeune fille sans vie. Ils arrivent par un pont d’une hauteur vertigineuse dans une contrée isolée et abandonnée, où ils rencontrent un esprit capable de redonner vie à la jeune femme. Pour cela, Wander doit battre seize colosses et accepter toutes conditions…

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Une fois l’introduction finie, le joueur est livré à lui-même dans la dite-contrée host… et bien non en fait, pas du tout hostile. La quasi-totalité des jeux de ce type propose d’affronter d’innombrables ennemis de diverses forces puis d’enchaîner sur des « boss », adversaires plus difficiles. Dans SotC il n’y a que les boss. Autrement dit, vous pouvez explorer l’immensité du terrain de jeu sans absolument rien craindre et décider enfin d’aller vous frotter au colosse. Lâché dans la nature, vous vous imaginez engranger les mini-quêtes qui développeront votre héros afin qu’il devienne suffisamment fort, vous voyez déjà les personnages secondaires à qui parler, une intrigue folle, mais de tout cela vous n’aurez rien. Vous ne ferez que trois choses dans ce monde : vous promener et vous déplacer, trouver des insectes et des fruits pour améliorer votre santé ou votre endurance… et vous battre contre des colosses. La récolte de fruits et d’insectes est un à-côté qui permet de mieux s’en sortir. Une pure quête d’exploration, tout comme le dévoilage progressif de la carte et le déblocage des stèles de sauvegarde, missions plus que facultatives même pas récompensées, à l’ère des succès et autres trophées qui félicitent le joueur aussi bien pour des challenges ardus que pour des actions sans intérêt. Ah si, une fois fini le soft une première fois, on a accès à un mode « time attack », sans compter qu’on peut toujours se créer ses propres défis : speedruns, ne pas se faire toucher… Après avoir vu quelques vidéos, SotC n’est effectivement pas dénué de subtilités. Mais en dehors de tout cela, le jeu décide d’emblée de ne pas s’éparpiller et propose l’inverse des « multi-gameplays ». Une fois un colosse rencontré, inutile de le frapper jusqu’à ce que mort s’ensuive, ou plutôt si, une mort, la vôtre : à force d’ennui. Pour tuer ces monstres, il faudra trouver leur(s) point(s) faible(s) (luminescent(s) lorsqu’on s’en approche) et le(s) poignarder. Tiens je copyrighterai bien ce (s) moi... Se faufiler jusqu’au point faible demandera un peu de cerveau et, une fois qu’on a compris, de l’adresse. Wander dispose pour ceci de deux armes (une épée et un arc), son cheval (pas toujours disponible), des éléments du décor, des capacités saut, roulade, etc. et enfin de ses petits bras car généralement il finira par escalader la bête pour lui porter le coup fatal. Voilà, je crois bien que vous connaissez maintenant 100% du gameplay.


Si on était vulgaire, on rangerait directos SotC, comme dit en intro, dans la catégorie « Action-Aventure ». Et on ferait bien parce que c’est exactement ce qu’il est. De l’exploration, de la réflexion et de l’adresse. Au final, SotC fait peu de choses mais le fait bien. Les étapes de jeu y sont bien distinctes, jamais mélangées, mais se suivent de manière logique et bénéficient d’un soin tel, ou plutôt d’un feeling tel qu’on ne peut que les vivre différemment et ensuite les assembler pour former un tout. Avant de continuer, je profite d’une pause dans l’argumentaire pour pointer le principal défaut du jeu : la PlayStation 2 n’a pas les épaules assez larges pour un projet de cette envergure. Ralentissements, clipping, beauté de l’image (et encore…), enfin bref, tous les soucis techniques que d’autres critiqueront mieux que moi sont flagrants sur cette plate-forme. La technique n’empêchant nullement ici l’immersion, ces défauts n’en paraissent que plus mineurs, d’autant que certains effets de flou rendent l’atmosphère appréciable. Bien entendu, cela reste regrettable. Le jeu est aussi assez court… mais seulement selon certains standards. Il se veut déjà assez répétitif, ce n’est pas pour prolonger inutilement l’expérience. La durée de vie, à mon avis, est ici liée à l’histoire ; la rallonger n’aurait qu’affaibli le punch de la séquence de fin, et rendu l’évolution du personnage artificielle. Contrairement à un RPG, la quête de Wander n’est pas liée à un monde vaste, à des rencontres, à moult péripéties, à une progression de A à Z, du statut de débutant à celui de sauveur de l’humanité. Son histoire n’est qu’une histoire dans l’infinité des existences, une légende émouvante, comme un conte dans un livre qui avoisine d’autres contes. Les contes, dans leur majorité, mettent-ils plusieurs heures à être racontés ? C’est ainsi à cheval que Wander se lance à l’aventure…


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D’une voix lente et pesante, dans un dialecte inconnu (seuls les sous-titres sont dans la langue de votre pays), l’esprit finit de vous dicter vos devoirs. La salle aux seize statues, oubliée de tous, semble figée par le temps. Dehors le soleil trace son chemin vers l’ouverture et vous invite à le rejoindre. Sitôt dehors, pas de menu compliqué, vous tendez votre épée et le reflet du soleil vous indique la marche à suivre vers le premier colosse. Sans autres fioritures, le message est clair : vous avez rendez-vous avec votre destin. Vous avez tout votre temps mais votre destin est inéluctable… Car le monde dans lequel vous avez atterri a aussi tout son temps. La vie animale y joue sa partition depuis des millénaires, la flore paraît comme éternelle. Ne parlons même pas du sable, des falaises, des étangs… Dans un silence de mort, vous ne pouvez qu’avancer et admirer ces paysages magnifiques, contempler, réfléchir ou foncer tête baissée… sans danger, mais seul, terriblement seul, puisque ces terres désolées vous rappellent intelligemment à chaque instant que vous vous croyez certes le bienvenu, mais que vous ne ferez que l’indifférer tant que vous n’aurez pas rempli votre unique but ici-bas. Seul, pas tant que ça, votre fidèle compagnon est là. Auparavant, vous avez monté Agro. Monter d’une touche, avancer, reculer, gauche, droite, comme un pantin, Agro ne connaît pas. Vous venez de faire face au principal trait de génie du jeu, jeu qui est vivant. Agro n’est pas un con de cheval acheté mille pièces d’or à l’écurie, et qu’on peut tuer en contrepartie de dix points de morale en moins sur sa fiche de stats. Cet animal est lié corps et âme à Wander et a son intelligence propre, est vrai, palpable. SotC exècre les animations au hachoir de la plupart des jeux, son animation est fabuleuse, donne toute sa poésie à l’expérience. Pour monter Agro, vous devez le siffler, vous en approcher, vous mettre du bon côté, l’informer de votre destination et petit à petit… il se met en branle, par des secousses réalistes, il accélère peu à peu. Il freine peu à peu aussi sauf s’il se heurte à un obstacle, auquel cas il s’arrête violemment et hennit. Aussi bien Wander qu’Agro ne font des galipettes, des bonds surréalistes, des postures de foire qui rendent si bien dans des jeux plus festifs mais feraient tout simplement moches ici. Leur façon de se mouvoir ultra-réaliste renforce l’immersion à des degrés rarement atteints, et insuffle une dose d’humanité là où bon nombre de softs, au-delà de leur qualité, sont tristement mécaniques, tels des jouets insolemment trop conscients d’être de la haute-technologie et méprisant en cela toute tentative d’adoucir le ton.

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A l’approche de l’antre de la bête, la musique fait ses premiers pas, avec grâce. Le chemin peut être long jusqu’au colosse, pas instantané en tout cas, signe que le trophée se mérite. Une fois arrivé, l’ennemi est soit visible tout de suite, soit au loin, soit se cache, soit ne vous a pas encore remarqué, soit j’emploie trop de soit et l’Académie Française va pas être contente. Et le colosse apparaît. Mélange de chair, de poils et parfois de pierre et de végétaux, leurs yeux bestiaux vous épiant. Surprenantes bêtes, dont le visage ne semble pas si inamical, mais dont le but est bien de vous occire, dès le moment où vous avez violé leur territoire. De toutes formes, bipèdes, quadrupèdes, volants, aquatiques, souterrains. Avec armes ou non. Et si leur taille ne vous a pas déjà paru impressionnante (auquel cas il y a de fortes chances que vous mentez !), affrontez-les maintenant. La magie cruelle et fascinante de SotC opère une nouvelle fois. Contrairement à des jeux où le boss est lui aussi énorme, mais que vous pouvez battre avec des sorts et des armes d’une puissance qui le font passer pour un minable, le rapport de force se révèle d’emblée ici en votre complet désavantage. Vos atouts : vous êtes petit, rapide et vicieux. En dehors de cela, vous n’êtes qu’un insecte qui se fera balayer s’il reste exposé. Prenons un exemple : vous vous voyez ajuster la vue de votre Reflex pendant que le T-Rex de Jurassic Park vous fonce dessus ? Non ? Bon. Faites le mariole et votre cas sera vite réglé. Dans le pire des cas (une situation un peu trop inégale à mon avis et pas très fair-play de la part des développeurs, dommage), vous allez vous faire piétiner par une espèce de taureau jusqu’à ce que mort s’ensuive. L’animation réaliste est ce qui rend ces affrontements si palpitants. Wander est fragile, un coup peut le mettre au sol et se relever peut prendre du temps. La fatigue et la douleur lui font lentement lever ses bras avant de reprendre le chemin. L’impact d’un pas de colosse peut vous faire tomber ou vaciller ! Votre adversaire est par contre souvent lourd et peu agile, moments dont vous profiterez pour vous faufiler. Une fois agrippé, le colosse, « chatouillé », essaiera de vous faire tomber, et vous allez lutter. Votre survie ne tient qu’à un fil. Une fois touché, le géant hurlera de douleur, deviendra fou. Peut-être devrez-vous vous y reprendre plusieurs fois. Wander est certes plus résistant et plus fort qu’un humain normal, mais il est sensible à la gravité, à la physique, au vent, aux chutes, à la respiration sous l’eau, etc. Ajuster son arme avant de tirer ou frapper n'est pas automatique. Toutes ces choses mises bout à bout rendent la lutte bien plus épique qu’une multitude d’explosions en tout genre. Mieux, SotC est peut-être le meilleur exemple à ce jour de combat furieux et sans merci contre un de ces monstres des légendes, disproportionnés et magnifiques tels des dragons, cyclopes et autres cerbères ; un « simulateur » de David contre Goliath. Le sentiment de fragilité est merveilleusement rendu, votre persévérance et votre intelligence seront récompensées, et une fois le dernier coup porté, vous ressentirez, essoufflé, la satisfaction d‘avoir vaincu plus gros que vous-même. Beaucoup me répliqueront que d’autres jeux offrent ces sensations, et que SotC n’est pas très dur, mais c’est la façon de le retranscrire qui est unique. De même, vous n’aurez pas vaincu un robot ou une entité inanimée, mais un être à part entière dont vous ressentirez le dernier souffle.


Hélas, tout n’est pas si parfait, car une telle ambition n’est pas toujours soutenable sur tous les points de développement. En effet, cette volonté d’une animation humaine rend certaines approches difficiles, et lorsqu’on est habitué à l’instantanéité des commandes, la douche est froide. Il faut clairement se fondre dans le corps du héros pour éviter les écueils et réussir à grimper au sommet.  J’ai souvent pesté contre ses incapacités, mais un travail est à faire sur soi pour accepter les règles du combat telles qu’elles sont. Plus critiquable, les caméras. Elles sont bonnes et souvent bien choisies, cependant… je suis désolé d’être exigeant mais dans un tel jeu elles ne doivent pas être bonnes mais parfaites. Et surtout éviter de caler à une étape particulièrement stressante de la montée d’un géant. L’intensité de l’action, la place que prend le colosse à l’écran et la nécessité de s’orienter sur celui-ci oblige à une visibilité optimale, qui n’est pas toujours assurée.

Néanmoins, comment en vouloir à SotC ? Ses défauts sont grands, mais le fond est remarquable. Le concept génial. L’histoire grandiose, car oui, il y a aussi l’histoire, racontée avec trois fois rien, peu de scènes cinématiques mais à chaque fois essentielles (le superflu est jeté aux oubliettes), et une fin extraordinaire dont je ne dirai rien mais qui mêle habilement à son tour les codes du jeu et du narratif. Nous allons alors défendre ce jeu comme ce qui est soit une œuvre d’art, soit une œuvre qui peut relancer le débat sur les possibilités artistiques du jeu vidéo. On a beaucoup parlé de jeux vidéo « artistiques » car ils mêlent avec brio divers médias et diverses formes d’art (musique, cinéma) en leur sein. Je laisse de côté ce débat pour parler de SotC qui innove car même s’il fait lui aussi partie de cette liste de jeux, on peut se demander s’il n’y a pas de l’art dans l’action de jouer elle-même. La façon dont est construite l’épopée, dont le joueur se balade à cheval, toute cette attente avant le combat, la mise en scène du combat, bref toute cette alliance savante, cette fusion entre la narration et l’interactivité, peu de produits avant l’ont fait de manière aussi déterminée et aboutie. Sans les critiquer plus que cela, SotC se démarque des jeux à QTE ou autres softs où la narration et le gameplay sont bien distincts. Et si le mot « narration » vous chagrine, car le jeu n’est pas qu’une histoire, j’aurais aussi bien pu parler d’expérience, de ressenti, ou comment jouer vous fait petit à petit, sans artifices vulgaires, rentrer dans un monde où l’on retrouve les notions d’inconnu, de découverte de soi, de modestie, de perte d’un être cher, de vie, de mort, de spiritualité. En définitive, SotC est un grand jeu parce qu’il est à la fois un bon jeu, une œuvre qui, si elle n’est pas forcément d’art, est remplie de sens, et une expérience de jeu unique et novatrice.


Et comme le blog de Vinczc ne serait rien sans une chanson, une ritournelle ou une symphonie, terminons sur le véritable élément déclencheur de l’émotion dans Shadow of the Colossus. On en revient toujours à la musique, dont le rôle est prédominant dans la plupart de mes jeux de prédilection. C’est Kow Otani qui l’a faite. Elle est merveilleuse, inouïe, une des meilleures bandes-son de jeu des années 2000. Si vous ne jouez pas, au moins écoutez. Je ne la décrirai pas : si vous avez lu l’article, vous situerez aisément les thèmes et avec un peu de chance, ils vous donneront envie de jouer.

Par Vinczc - Publié dans : Jeux vidéo (sans conservateur)
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Jeudi 11 août 2011 4 11 /08 /Août /2011 18:31

Salut les loulous ! Nouvelle playlist ! C'est pas chiant à faire les playlists, pas de blague à caser, aucune chanson à décortiquer avec mon maigre vocabulaire, la grammaire est réduite à peau de chagrin. Au final, je ne fais que résumer sous forme d'une très vulgaire liste ce que je prends toujours plaisir à faire : écouter de la musique.

Sans être morbide, les plus informés noteront ici et là des hommages à des artistes récemment disparus ; au final c'est un clin d'oeil et parfois même une coïncidence. J'ai bien pris soin de finir sur une note jouissive car the show must go on et ça on ne le répètera jamais assez !

Une des originalités de mes sons, s'il doit y en avoir une, est la tendance à passer d'un extrême à un autre avec un je-m'en-foutisme génétique. Une fois de plus, c'est la Samaritaine que je vous offre. Restez, skippez, en tout cas découvrez ! Tous les titres ici sont les survivants de tests pointus dans le laboratoire de mes pavillons auriculaires depuis ces trois derniers mois (ou deux ou quatre, on va pas chipoter). Et si jamais il continue à faire beau dans le ciel et dans nos vies, peut-être un ou deux articles à paraître. Il ne faut jamais écouter ce que je dis bien sûr, mais là j'ai commencé l'écriture, j'amerais bien finir.

 

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1. Das Pop - The Game
2. Fitz and the Tantrums - MoneyGrabber
3. Return to Forever - So Long Mickey Mouse
4. LocoRoco 2 OST - Opening Song
5. dEUS - Fell Off The Floor, Man
6. Ricet Barrier - Les vacanciers
7. The Millennium - There Is Nothing More To Say
8. Dream Theater - Scarred
9. Heatwave - Groove Line
10. Henryk Górecki - Troisième Symphonie / Symphonie des chants plaintifs
11. Hubert-Félix Thiéfaine - Bipède à station verticale
12. Baby Charles - Comin' From A Higher Place
13. Underworld - Two Months Off
14. TV On The Radio - The Wrong Way
15. Pet Shop Boys - West End Girls
16. Supergrass - Going Out
17. King Crimson - Lark's Tongues in Aspic Part 2
18. Bruce Springsteen & The E Street Band - Super Bowl 2009 Halftime Show

Par Vinczc - Publié dans : Musiqueeeee (l'art suprême !)
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Vendredi 22 octobre 2010 5 22 /10 /Oct /2010 15:57

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Nous y voilà. J'ai dû débloquer une matinée pour écrire cet article. Profité d'aller chercher le pain et un autre petit pain, celui-ci au chocolat (pratique cette expression, on sait déjà qu'il y a des chances que j'habite au-dessus de l'Aquitaine), pour ouvrir au bon air normand une petite porte d'accès à mon cerveau trop souvent habitué aux intérieurs. Les conditions intellectuelles sont... à peu près suffisantes. Neil m'a fait attendre, je le fais attendre aussi. On a toute la vie, old chap, t'es encore jeune, tu vas nous pondre des disques jusqu'à ce que tu sois old & grey.


A 40 ans, le bougre a fait les choses bien. Il abandonne une fois de plus ses prétentions pour imposer le parodique. En posant nu dans sa baignoire, avec sa chienne et son petit canard en plastique, il revêt son costume de boute-en-train (ce qui n'a pas manqué lors des concerts de la tournée). Mais plus que ça, il adopte de nouveau un rôle et ça, ça fait plaisir. Dites, ça fait combien de temps ? Dans BGTK, l'anti-héros, certes loin d'être le sujet de l'album, est ce banquier en chapeau-melon, ce notable pris la main dans le sac. Le titre se traduit plus ou moins, avec le jeu de mot qu'on attend, par "adieu la chevalerie" soit adieu les honneurs et la riche vie. Quand il faut, Neil se chausse de grosses lunettes donnant un cachet burlesque à son personnage (je ne sais pas si c'est volontaire, il a déjà intentionnellement porté des chemises hideuses).


Bref bref bref. Ce nouveau disque n'est pas une immense farce, car il mélange diverses ambiances, mais le ton est, on va rapidement s'en rendre compte, plus positif que dans les précédents albums. Regeneration d'un zen imperturbable, Absent Friends mélancolique, Victory For The Comic Muse aux humeurs changeantes, Bang Goes The Knighthood où les couleurs sont vives, l'heure à la plaisanterie et à l'amitié, primesautier, ouvert, presque revanchard face à ses aînés. Et croyez-moi ça fait du bien. Paradoxalement, le contexte est quelque peu différent. Probablement pour des raisons de budget, la tournée de Neil est entièrement solo (guests exceptés), le laissant se débattre avec son piano, sa guitare et ses paroles qu'il oublie une fois sur dix. On connaît le gusse, monstre de scène : ses interprétations restent fameuses malgré tout, sa tchatche plus employée que jamais, et au final tout le monde est ravi. Il n'empêche qu'on est loin de l'enchantement ressenti lors d'autres concerts plus... instrumentalisés. Le solitaire des hautes-plaines colle néanmoins avec l'ambiance de son album, plus music-hall, plus comédie musicale même. On ne saurait trop se réjouir de tenir pour TDC un concept intéressant de plus, sans oublier qu'en studio les copains sont de la partie (heureusement !). Preuve ultime de la générosité de l'auteur, le disque comporte DOUZE pistes, un nombre incroyable qu'on n'avait pas vu depuis Promenade. Le patron a mis du temps à organiser sa petite fiesta, faisons-lui l'honneur d'en faire le tour.

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Allez on commence.

... Voyons... Aïe. Aïe Aïe. La première chanson se nomme Down In The Street Below. Et désolé de casser aussi rapidement le suspense, mais c'est à mon goût la meilleure de l'album, et je le dis tout de go. Franchement, c'est le genre de décision qui peut prendre des semaines, mais non là je vois pas. C'est vraiment la best of the best. Purée, c'est du niveau du meilleur TDC, sauf que ce n'est pas du vieux TDC. Fresque un peu progressive d'une rue au moment de Noël, le chanteur est spectateur de ses contemporains et de sa propre vie. On retiendra plusieurs passages de ce DITSB. Le pont façon comédie musicale où un Neil sérieux et à l'oeil acéré excelle, sur un fond instrumental joyeux Noël oblige. L'outro qui reprend le sujet de la chanson de manière symphonique et épique. La toute fin qui revient sur le bruit de la rue. Et le début, oui le début parce qu'ici il faut finir par le début, cette nappe qu'on voudrait sans fin qui introduit un Neil magnifique, sortant un de ses plus beaux couplets. Enfin, le refrain, un de ses plus beaux refrains. Et ce refrain je l'aime parce qu'il m'affirme que même aujourd'hui Neil arrive encore à m'émouvoir avec sa voix qu'on sentait plus grave, plus apte à être introspective, plus occupée à narrer, à conter, plutôt qu'à toucher l'âme. Non, me dit ce refrain, il y arrive toujours. J'ai fredonné cette chanson des dizaines et des dizaines de fois. Achevez-moi par pitié. Ok, à partir de maintenant, concentrons-nous les enfants. Exercice : on va devoir profiter du reste du disque en sachant que selon moi, à aucun moment il ne sera aussi splendide.

Belle transition vers The Complete Banker, dont on a beaucoup parlé, message mordant à l'attention des boursicoteurs et autres grands joueurs de l'économie mondiale. Avec l'écriture de TDC, jamais avare en bons mots cocasses et championne de l'ironie, le pari était gagné d'avance. Cette chanson possède de ce fait un capital sympathie conséquent à la base. Après écoute, elle est typiquement du TDC "récent", moins emphatique, plus posé, d'une construction pop assez simple. La drôlerie des paroles est évidente. Ce qui m'a un peu empêché d'y rentrer, c'est d'abord une ressemblance de couplet avec "The Plough" (alors qu'on peut difficilement les comparer, l'une dramatique, l'autre comique) genre on utilise les mêmes recettes, ensuite le fait qu'elle vienne après un premier morceau tellement unique, genre pfff il retombe dans ses travers. Je serais mauvais d'en rester là. Dynamique, chantée avec volonté, son impact se conservera avec le temps, en tout cas plus que certaines de Victory par exemple. Thomas Walsh est là pour les choeurs, hommes de bon goût. Je serais vraiment aigri de ne pas l'aimer.

Surprise ! Déjà le trou normand ? Non Monsieur cela fait bel et bien partie du menu. Vous féliciterez le chef, il sait me caresser dans le sens du poil. Sinon comment expliquer cette Neapolitan Girl, old-school, dont les accents 60's et la transalpinité renvoient, même vaguement, à Casanova ? Sujet moins sexy néanmoins, histoire peu heureuse d'une prostituée en temps de guerre. On alterne à l'envie une ambiance légère, une moins légère et une dernière beaucoup plus grave. Cette chanson originale (en tout cas en ces temps-ci) souffre je crois d'un désamour, et ne saurait persister dans les setlists, mais je l'applaudis. Elle m'a tout de suite conquis.

Nous arrivons assez tôt au plat principal, à la fois court mais intense, maigre mais fort en bouche. Bang Goes The Knighthood est la spécialité du chef, peu copieuse, mais essentielle. Neil est à nouveau le conteur ; sur un fond elfmanien voici l'horrible évènement qui jeta le lord dans les limbes et le couvrit de honte. BGTK fait partie de ces morceaux où la compréhension des paroles aide énormément à apprécier l'ensemble. Ils ne sont pas négligeables sur ce disque, une fois de plus touché par la plume gracieuse de notre songwriter favori. Jetez-vous sur les textes, même si vous n'adhérez pas à la musique, vous pourriez au moins reconnaître que Mr. Hannon est de ceux qui travaillent le fond de leur oeuvre, loin des "just", "love" par séries de vingt et des phrases dégraissées potentiellement métaphoriques qui, quelquefois, ne veulent absolument rien dire. TDC c'est aussi la langue anglaise dans ce qu'elle a de belle, le littéraire à portée de la pop. Pour revenir à nos moutons, on dégustera le pont, ouragan au milieu du calme. Joli effet de style, pour un titre un chouïa expérimental qui le classe à part, dans une catégorie rien qu'à lui.

Le premier single ! At The Indie Disco, ho, At The Indie Disco, yeah yeah yeah, At The Indie Discooo tigulugulu (bruits de violon)... Hem excusez-moi. Mais c'est tellement entraînaaaaant. Dôté d'une base incroyablement simple, ce simple ne s'embarasse pas de fioritures inutiles. Trop facile, et c'est ce qui l'empêche d'entrer dans la famille "epicness is epic". Lui il s'en fiche, quelque soit son apparat, il reste le même, nous faisant danser. Ses vêtements TDC tradi sont sortis sur cette version studio : violon continu, choeurs impeccables de Cathy Davey. Il se distingue par cet hommage à l'indie music, dans une boîte de nuit fictive, que j'aurais bien aimé connaître. Il a plus de peps que les singles de Victory, n'est pas prétentieux mais se sent très seul, il n'y en a pas d'autre comme lui sur cette galette. Dommage, ses véritables amis sont sur Victory. Lui a réussi, est sur BGTK mais aimerait jouer ailleurs. On connaît tous cette histoire du vilain petit canard. Sauf qu'ici le petit canard ne finit pas par pleurer, mais danse, danse, parce qu'il n'est pas très beau mais mon dieu qu'il est entraînant.

Je sais pourquoi j'ai eu du mal avec Have You Ever Been In Love. Parce que c'est du cabaret ; et vous ne me l'enlèverez pas de la tête, malgré toutes les influences, Neil Hannon n'a jamais été pour moi un chanteur de cabaret. Et sûrement pas aussi jazzy. Si j'ai eu du mal, c'est que je n'aime pas trop le music-hall tout simplement. C'est une question de style, voilà, ça m'entraîne moins. Dire que j'ai mis des plombes avant d'arriver à cette solution, c'est à se désespérer d'avoir fait la fac, thèse-antithèse-synthèse. Et la musique là-dedans ??? Cette chanson est en fait une des plus jolies de l'album. Paroles simples mais belles, c'est du côté de la musique qu'il faut chercher la légèreté, ces choeurs de Cathy Davey sans qui la maison ressemblerait à un cottage de luxe sans jardin, cette architecture qui n'a rien inventé mais se révèle parfaite. Je ne lui décernerais pas un prix du jury, mais d'autres le feront sûrement à ma place ; qu'ils se fassent plaisir, elle le mérite. Je les regarderai de loin d'un oeil moins concerné mais toutefois bienveillant.

La seconde meilleure ! Dieu que ce CD est simple. Que le podium me semble évident. Assume The Perpendicular c'est celle qui n'y paraît pas, ni la vedette ni la coqueluche des médias, mais quand je regarde autour de moi, tout le monde n'a que deux mots à la bouche : elle tue. Dès le départ elle attaque pour ne plus jamais lâcher. Le rythme est gospelien (je claque des deux mains très fort). Perso je la chanterais bien en randonnée... Ok les paroles sont bizarres, de l'architecture, du vertical, de l'horizontal, je n'ai encore compris que 30% du total. Préoccupations bien vaines lorsqu'arrive le refrain et ses cuivres jazz ; là encore le refrain accrédite la grande qualité de l'ensemble. L'addiction se prolonge lors du pont délicieusement picotant, se finissant sur un vacarme New-Orleans. Puis c'est reparti une-deux une-deux. La parade du perpendiculaire. L'enthousiasme collectif déborde de ce brouhaha intellectuel. On dirait l'Orchestre Fou de Pierre Perret et ses images de synthèse alors bien géométriques. Sacré concept !

Je vous l'avais dit, ce nouveau TDC est plus joyeux que les précédents : de l'amour, de l'humour, et de l'importance de l'art de la conversation. Qu'il est bavard ce The Lost Art Of Conversation ! En même temps c'est normal qu'il soit bavard, pas mal lorsque la forme rejoint le fond. Voici un autre morceau où comprendre les paroles est important sous peine de faire face à un incompréhensible charabia, comme ces tirades que certains musiciens anglophones sortent en concert en plein milieu de la Touraine, l'horreur. Bref prenez votre dico, Neil vous réconciliera avec l'anglais. Une des raisons pour lesquelles j'aime ce titre est que les phrases sont savamment cousues, les transitions sont intelligentes, les pointes rigolotes fleurissent. Bon, c'est sûr qu'il ne faut pas être allergique à la bonne humeur ambiante, entre les grelots, les choeurs (un Neil déchaîné c'est déjà cocasse, alors imaginez plusieurs) et les sifflements "always look on the bright side of life". Un peu too much pour certains. Cela ne me dérange pas, et je m'attarde avant tout sur la structure : tout s'enchaîne si habilement, jusqu'à ce passage plus "sérieux" sur la nécessité de faire gaffe en public, que je ne peux que décerner un A ou au moins un B+.

On arrive au sujet chaud ! Island Life. Déjà ça démarre mal, je trouve l'idée de la chanson et même certains gimmicks complètement pompés sur "Charmed Life". Passons. Ce qui a dû gêner beaucoup d'auditeurs est à mon avis le rose bonbon qui colle sans pitié, avec des paroles vraiment mais alors vraiment à l'avenant. Tache quand on compare au reste. Pourtant, ça démarre bien, ça finit bien. Une petite boucle paradisiaque et mystérieuse. On peut être progressivement déçu par l'entrée en chant. Abattu par le refrain. Mon avis : le refrain est sirupeux mais plutôt bon. Le duo Cathy-Neil fonctionne à merveille, les coquinous. On ne peut nier que le mâle nous a refait le coup de "The Light Of Day" et son parti-pris extrême dans le romantique outrancier. En fait, Island Life est encore plus excessif, dans de nombreux petits détails, et dans ce pont abusé. Je crois que Neil l'a fait exprès à un point... Je ne pense pas que ce soit parodique, c'est pas assez ridicule et le chant tourne bien. Sans compter qu'on assiste à une progression constante de qualité. Le dernier refrain est vraiment très beau, les choeurs de Cathy remportent la mise. C'est dur à dire, mais même là le titre recèle de ressources cachées. Plus intéressant qu'il n'y paraît, pas le morceau du siècle, mais intéressant, pas un morceau extraordinaire, mais etc. etc. etc. etc.

Avec When A Man Cries, nous retournons dans un registre auquel TDC nous a habitués, intimiste et volontaire à la fois, où la musique symphonique enveloppe une voix traduisant à merveille les sentiments humains. Il suffit de voir les "Snowball In Negative", "Leaving Today" et autres "The Wreck Of The Beautiful". Là encore, regardez et admirez les paroles, en osmose avec le son. Titre peu évident que celui-ci, ayant tenté une structure complexe, centré sur une approche tout en finesse d'un sujet un peu tabou, les pleurs d'un homme adulte. Neil s'en sort incroyablement bien, mais l'exercice était ardu, étant souvent à deux doigts d'une expression mal choisie ou d'une note mal placée. Difficile de toujours rentrer dedans, à coup sûr. Quand la sauce prend, la chanson est admirable, une des meilleures de l'album. Je dirais même : du TDC de haute tenue, pur, véridique, instantané.

Si Can You Stand Upon One Leg est le titre le moins bon de tous, c'est surtout parce qu'il prend peu de risques (sauf à la fin). Cette drôle de chanson drôle, avec l'appui du sieur Walsh, est la soeur jumelle de "The Coin Toss" de la Duckworth Lewis Method. Pas dur de trouver l'inspiration... Bon, on ne va pas lui en vouloir. On a rarement vu morceau plus absurde dans le groupe (même "A Drinking Song" est encore trop terre-à-terre), mais aussi plus théâtral. Par une surenchère clownesque, Neil provoque son public et cela marche bougrement bien en live. Morceau modulable et remodulable comme un contorsionniste de cirque. On a beaucoup jasé sur la fin, en occultant un peu qu'elle offre une excellente transition vers le dernier titre du CD. Qui n'a jamais été mal à l'aise, n'a pas eu envie de skipper sur son poste ? Je veux des noms ! N'est-ce pas aussi à l'artiste de bousculer son auditoire ? Hannon le fanfaron n'a pas fini de nous la ressortir celle-là, peut-être pour le grand plaisir coupable et masochiste qui nous habite. CYSUOL (joli dit comme ça) a parfaitement sa place dans cet opus, on ne peut pas le nier...

Et enfin, la troisième du podium ! Jamais élaboré un podium aussi aisément. I Like est la cerise sur le gâteau et nous montre à quel point Neil a été bon avec nous. En lâchant aux fans que nous sommes ce biscuit, il a rompu toute une chaîne de morceaux de fin aussi lents que déprimants. Quoi, "Charmed Life" ? Thème heureux mais chanson joviale peut-être ? Non, hospitalière plutôt. I Like, c'est quasiment un clin d'oeil à "Tonight We Fly", avec son rythme haletant qui cavale sans respirer. Déjà, un gros point pour finir sur une note aussi positive. Neil aime et le fait savoir ! Paroles chaudes en perspective, ce n'est pas Alfie le dandy sans coeur qui parle, mais le Neil amoureux. Le morceau est loin d'être parfait, et ne peut prétendre aux meilleurs hymnes du genre, cependant on est ravi de tomber, déjà sur un de ces hymnes en question, puis à la personnalité propre. Muni de petites faiblesses un peu partout, principalement des pertes de rythme, la chanson se démarque par un couplet vivace et un refrain imparable. Comme quoi on dira ce qu'on voudra, mais les trois stars du disque sont celles avec les meilleurs refrains. C'est juste un constat, c'est pas partout pareil chez TDC. En 2010, ce TDC s'achève d'une des plus belles manières qu'il soit.

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L'après-midi s'écoule, les lasagnes aux légumes dans mon estomac aussi. Deezer est bien pratique lorsqu'on n'a pas l'album sous la main, mais ces pubs sont très envahissantes. En plus elles ne me ciblent même pas : du Yannick Noah, du R'n'B... J'ai hâte de voir la nouvelle pub Charal sur le site de la SPA. Que dire de Bang Goes The Knighthood ? Je l'ai vraiment beaucoup aimé. Il m'a fait revivre des sensations TDCiennes oubliées, il m'a parfois surpris, il m'a parlé, il m'a fait sourire, il m'a enchanté. Un bon disque de TDC est un très bon disque, si vous en avez entendu parler dans les médias les avis sont unanimes.


Passons rapidement sur la question meilleur album du groupe blablabla : NON. Je suis un vieux con, mais un vieux con sentimental et qui argumente. Les chefs-d'oeuvre de Neil sont beaucoup plus égaux dans l'excellence, ils vont la rechercher à chaque fois. Ma facette sentimentale, elle, dira que ces chefs-d'oeuvre sont peut-être à terme condamnés à rester mes préférés. C'est une question d'époque, de ressenti, et surtout de style. Alors ça c'est évacué.


Je trouve BGTK meilleur que Victory, plus complet, avec moins de déchets. C'est aussi un disque avec, étonnament, une certaine homogénéité, mais plus dans le concept que dans les morceaux eux-mêmes. Collection de chansons mais, je ne sais pas... qui s'imbriquent mieux. Les transitions sont souvent impeccables. Je retiens aussi que Neil a des amis, et que, mon ami, tu ne dois pas les lâcher. Tu as su les mettre en valeur, ils parfument ton disque comme autant d'épices.

Un retour en fanfare, diront certains (alors qu'il n'est jamais parti en fait, c'est idiot ce que je dis), un vrai marqueur dans la discographie de sa Divine Comedy selon moi. Sûrement pas à la hauteur de ses plus grandes oeuvres, il a le mérite de remettre Neil sur le devant de la scène. C'est un artiste sur lequel on peut compter, mais qui est en même temps assez imprévisible, donc jouer les Madame Irma serait de mauvais augure.


La bonne chose c'est que Neil n'a pas grandement déçu, et ça, ça va rendre les fans plus passionnés et asservis que jamais. Les étrangers à la secte ne peuvent pas comprendre ! Espérons juste que le gourou ne se casse pas avec sa valise de biftons sur son île paradisiaque...

Par Vinczc - Publié dans : Musiiique - The Divine Comedy
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Jeudi 17 juin 2010 4 17 /06 /Juin /2010 10:22

duckworthlewismethodblog

                Chais pas si ça vous arrive aussi, lorsque je ne m'intéresse pas durant un certain temps à un artiste, j'ai l'impression - que je sais fausse - qu'il ne fait rien. Cela vous a fait pareil avec Neil Hannon ? On ne sait jamais, je peux être votre unique source d'informations sur ce musicien, il faut alors que je vous rassure : Neil est prolifique ! Bien que quatre ans vont séparer son dernier essai timbré The Divine Comedy alias Victory For The Comic Muse, et Bang Goes The Knighthood qu’on a eu l’insigne honneur de découvrir le 31 mai, précédé le 23 du premier cinglant single « At The Indie Disco ». Je mets un point à cette phrase en « Bien que » afin d’aérer la lecture. Je fais attention à ça, ça m’a marqué qu’on me surnomme Vincent Proust.

                Habitué des collaborations avec un nombre incroyables de gens que je ne nommerai pas, et penchant autant vers l’inconnu que vers le connu, Neil a tout de même pointé du doigt ses meilleurs potes : Duke Special et Pugwash. Un solo et un groupe, irlandais comme il se doit, et même que je vous ouvre grand la porte vers une écoute de ceux-ci. Conseil d’un homme qui lui-même ne saurait citer que quatre-cinq chansons mais que ces dernières ont enchanté. Pugwash est un trio de pop-rock à dominante alternatif et power pop, spécialiste de chansons bien carrées et bien entraînantes. Son leader prend la forme d’un gentil nounours barbu, Mr. Thomas Walsh, qui a accepté de vêtir le costume de Duckworth. Et Neil Hannon celui de Lewis. Qui diable sont ces gens ? Les inventeurs d’une méthode de calcul portant leur nom destinée à fixer un score à atteindre dans certains cas, notamment en cas de pluie, lors d’un match de cricket. Donc oui voilà, vous avez devant vous le premier concept album qui parle entièrement de cricket, et ça dites-vous bien que le tout Tours vous l’envie (l’expression « tout Paris » étant furieusement démodée en ces temps où tout va vite, et où les attitudes branchées voyagent tellement qu’elles accomplissent un tour complet et finissent par se retrouver dans la ville où l’expression « prendre son temps » est un, non, trois mots peu vains…. quoi, qui a dit vin ?).

 

                The Duckworth Lewis Method n’est donc pas le nouveau The Divine Comedy mais un projet paru en 2009, un véritable skeud avec singles, promo et récompenses qui s’ensuivent, mariant le savoir-faire et la musique de Neil Hannon et de Thomas Walsh. Et car la pédagogie est mon crédo : ce n’est pas du TDC mais ça s’en rapproche. Allez hop commentaire des titres.

 

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Rien de tel pour introduire un album concept qu’une courte séquence qui met dans le bain. Pas une « véritable » chanson, mais une petite minute fort bien amenée et qui dit à peu près tout : les notes mystérieuses du début ont quelque chose de riant et laissent bien vite la place à nos Duckworth et Lewis qui nous souhaitent la bienvenue. L’ambiance est à la fois raffinée et rigolote, et d’un paradoxe complètement maîtrisé. Sans crier gare, The Coin Toss s’achève. En même temps, si on en juge par le titre, jouer à pile ou face pour débuter le match n’est pas bien long…

 

                Suite étonnante que ce The Age Of Revolution, premier titre que j’ai découvert l’année dernière, mélange de pop-rock sautillante et funky (on pourrait limite faire vrombir la basse) et de vieux jazz. Le « vieux » vient de ce décalage bien senti entre les cuivres retro et la modernité intacte de l’ensemble. Thomas nous montre dans le couplet ce qu’il est : un chanteur merveilleux avec une voix dédiée à la noblesse de la pop. Fait pour ça, le mec. Neil l’accompagne pour un refrain qui reste dans le crâne. Bien sûr, on s’attend vu la configuration du duo à ce qu’ils s’amusent à faire les crooners, et le pont est parfait pour s’entraîner.

 

                Dès les premières notes de Gentlemen & Players, on a compris une chose : il n’y a pas un style dans cet album mais des styles. Un tour d’horizon d’essais pop, ce n’est pas la Samaritaine ni une volonté de draguer les fonds du genre ; cependant les deux gusses ont décidé de se faire plaisir et de jouer aux touche-à-tout. Et comme ce sont des pro, ils n’ont pas omis la cohérence. Revenons au morceau, abusé tellement il emprunte la grâce des grandes chansons pop. Cet air de ne pas y toucher mais sans oublier de remporter la mise à la fin. Intensément mélodique, il insiste sur les mêmes airs jusqu’à plus soif, et l’auditeur oublie le temps qui passe, les trois minutes semblent ne pas s’écouler. Le clavecin et les cuivres cachettent cette chanson baroque pop follement réussie.

 

                Encore autre chose. The Sweet Spot n’est pas aussi accomplie que ses consœurs, mais peut-être est-ce parce que nos chanteurs s’en sortent mieux dans leur domaine respectif que dans ce rock bien « oh yeah » comme le laisse échapper Thomas. Sinon, c’est vraiment sympa. Les guitares fusent, les paroles parlent toujours du cricket mais restent claires. Pas vraiment le point faible du disque, mais il mériterait d’être joué vraiment rock’n’roll et un peu loufdingue pour qu’on en saisisse tout le potentiel entraînant.

 

                Tenez, je vous mentionnais les paroles qui s’en tenaient à l’essentiel alors qu’on pouvait avoir peur qu’elles partent dans des considérations techniques incompréhensibles pour un étranger à ce sport. Effectivement, les références sont nombreuses mais on a largement le temps de pouvoir les digérer, les apprécier après coup. Même dans ce Jiggery Pokery, pourtant le plus intéressant pour un cricketophile. Neil réemprunte sa voix de dandy et repart dans un petit délire au piano qui nécessite d’être anglophone pour l’apprécier. Une fois dedans on se régale de cette interprétation d’un célèbre coup du grand joueur Shane Warne, Neil se mettant à la place du perdant et rageant. Refrain léger et aux mots calibrés, toute l’intelligence d’un morceau TDC-ien est présente.

 

                Toujours pas de mauvaise chanson ? Surtout pas une merveille comme Mason On The Boundary, peut-être la meilleure de l’album. Déjà, elle nous introduit à une nouveauté : un morceau taillé pour Neil… mais chanté par Thomas. Et là on se dit : mais qu’est-ce qu’il chante bien ce garçon ! Sa voix est émouvante, arracherait des larmes à Philippe Lucas. Une mélodie étrangement délicate, où parfois on a envie de voler, parfois on a envie de se poser dans un banc. Le pont est un splendide monologue parlé de Matt Berry, que les fans de la série The IT Crowd connaissent (à noter aussi sa performance dans le clip « Run-Away » des Super Furry Animals – j’en profite pour faire passer un message subliminal : écoutez les SFA - écoutez les SFA - écoutez les SFA - écoutez les SFA - écoutez les SFA - écoutez les SFA). Neil reprend la main, c’est presque dommage mais il se défend bien et ça fait du bien au morceau, et les deux repartent en chœur. Très belle fin.

 

                A l’instar des pauses dans les compétitions sportives, un petit intermède au joli nom s’incruste : Rain Stops Play. Un instrumental malin comme tout qui représente sans défaut la pluie tombante. Le burlesque est aussitôt masqué par le sourire s’affichant devant une atmosphère autant positive, qui laisse entrevoir une suite d’album en conséquence.

 

                Nouvelle inversion des rôles… ou plutôt, l’esprit simple aurait donné Meeting Mr. Miandad à Thomas mais c’est Neil qui s’y colle, et les dernières compos de TDC ont prouvé que le titre reste assez divinecomedien. Pour tout dire, il est évident que sur quelques points, la méthode Duckworth Lewis est un préalable à Bang Goes The Knighthood. Neil a un peu fouillé dans son livre de recettes de Victory For The Comic Muse, l’a réutilisé ici, et a renouvelé l’expérience pour son dernier essai, avec tout de même des variations mais-ça-ce-sera-l’objet-d’un-prochain-article. Retenons juste que je pense que même si on a affaire à trois disques différents, il existe des liens forts entre tous. On pourrait presque établir un schéma, avec Powerpoint ou Impress. Déjà, ici il y a un banjo plutôt joyeux, comme sur « Mother Dear ». Les refrains sont assez ressemblants mais cette ode à un grand joueur de cricket pakistanais se révèle plus maîtrisée, et plus directe. Les paroles, ridiculement faciles, en sont jouissives, une des caractéristiques du duo qui arrive à nous embarquer dans leur candeur. Les deux chanteurs lorsqu’ils sont ensemble se marient tellement bien quand on a envie de leur enfiler à l’un une robe à l’autre un costume. Ce Monsieur Miandad-là a la spontanéité des singles-nés.

 

                Le groove de The Nightwatchman est ce qui nous rappelle que The Divine Comedy sait mixer la pop baroque avec d’autres éléments, de ce fait l’instrumental à la fin n’apparaît plus vraiment comme une surprise mais pour un « hé, bien vu » aux oreilles du fan. Le reste n’est que cordes, piano, basse et tout ce qui fait… Divine Comedy. La chanson, romantique en diable, au refrain somptueux, est ce qui manquait à Victory pour le renforcer de quelques piliers. Au lieu de ça, il vous suffira d’acheter ce disque pour profiter d’un des travaux les plus éminemment TDCesques de ces dernières années. Je vous jure, on se croirait presque revenu dans la période A Short Album About Love. Il ne reste plus qu’à Neil de le rajouter à son répertoire live, s’il le souhaite.

 

                Flatten The Hay est le genre de gâterie que j’affectionne. Clavecin, sonorités romantiques et un peu mélancoliques, pleine de petits soubresauts fort bien composés, le tout porté par un Thomas plus convaincant que jamais qui nous emporte dans une atmosphère britannique, et un peu équivalente au début de Liberation, « Festive Road » et « Death Of A Supernaturalist ».

 

                L’album s’achève peu à peu, se finissant par un autre titre rock, pas spécialement les plus réussis il faut bien le dire mais… on s’en accommode avec aise. A vrai dire, la transition avec les chansons baroque pop plus traditionnelles est un peu violente, ce qui rabaisse ce Test Match Special, donne à ses synthés pourtant vraiment pas dégueus un côté kitsch, aux excentricités de nos comparses une vague maladresse. Néanmoins, la compo reste entraînante comme pas deux, et on se surprend à la chantonner, mais beaucoup plus fort car Duckworth et Lewis sont encore trop timides. Zappable mais agréable ! Paradoxal, non ?

 

                Fin. Les paroles hypnotiques de The End Of The Over nous téléportent tout droit à la troisième mi-temps et au réconfort de… d’un bon verre, c’est à quoi ça me fait penser. Et tout le monde finissant sur la douce mélodie ayant introduit cette méthode (logique).

 

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Du haut de ses quarante minutes, le CD peut sembler un chouïa court, surtout que le nombre de « vraies » chansons n’est que de neuf, les trois autres étant plus des liants (j’inclus la dernière qui, malgré sa propre mélodie, sert avant tout de conclusion à mes yeux). Nous sommes d’autant plus déçus que oui, oui, et re-oui, ce disque est vraiment franchement vachement good. Au début, on fait « un disque sur le cricket, c’est quoi ce cirque », « Neil risque de se planter », enfin perso je ne l’ai pas dit mais j’accorde le bénéfice du doute, surtout que l’année dernière, on attendait tous la bave aux lèvres le prochain Divine Comedy et à la place on a… ça.

Quoi, ça ? Hé bien, un grand disque de pop raffinée, humoristique. Neil s’en est allé chercher un ami qui partage son goût pour les projets truculents mais léchés. De cœur, on préfère toujours le Neil solitaire lorsqu’il prépare sa marmite TDC – de son aveu-même un exercice dont il ne peut se passer – au Neil des collaborations qui va produire, composer, et accompagner à tour de bras des artistes qui sont tous fans de lui. Un numéro d’équilibriste : pour une chanson réussie, combien d’expérimentations francophiles plus amusantes que convaincantes ? Pas question dans cet article de calculer un ratio, je souligne que l’amateur avide de nouveautés fait parfois la grimace quand Neil ne va pas dans la direction qu’il souhaiterait. Dans notre exemple, après coup, tous les ingrédients de la réussite étaient présents : un musicien irlandais avec une vraie voix qui ne donne pas l’impression durant l’écoute de ce disque d’être le side-kick de notre héros. De plus, Pugwash, le groupe de Thomas, a été plébiscité par Andy Partridge de XTC et ça, croyez-moi, c’est dans le monde la pop l’équivalent d’un passeport vers l’Afghanistan ou d’une carte d’accès Niveau 4 dans un EPR.

A l’heure où je vous écris, j’ai dû me détacher de Bang Goes The Knighthood pour effectuer un bond d’un an dans le passé, et honnêtement ce ne fut pas si difficile. The Duckworth Lewis Method m’a enseigné une chose : Neil Hannon n’est plus indissociable de The Divine Comedy, pas quand un de ses projets annexes est de ces disques qu’on écoutera encore dans vingt ans.


Par Vinczc - Publié dans : Musiiique - The Divine Comedy
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Jeudi 20 août 2009 4 20 /08 /Août /2009 17:58
Dans moins de deux semaines, notre réseau de bus à nous qu'on aime va... changer ! Mais alors complètement. Tempête ! Foudre ! Le plus dur dans ces cas-là est de ne passer ni pour le passéiste de base ni pour le moderniste complètement con et irréaliste. Ou alors pour le passéiste complètement con et irréaliste, ou le moderniste de base.
A mon avis, il y a déjà quelques choses à savoir avant de s'attaquer à une analyse aussi ambitieuse :
- Les lignes "chimiques" (genre les actuelles 12, 13 et 14) existent. Sauf que parfois elles ont malgré tout une certaine logique, et que d'autres fois elles sont effectivement trop chimiques pour être honnêtes. Généralement, si elles existent encore, c'est soit que quelqu'un fait pas son job, soit que les cartes en main dévoilent un jeu bien compliqué (exemples connus : combiner l'efficacité et la rapidité d'un bus avec une grande zone à couvrir, concurrence de la voiture dans certains secteurs où elle est bien implantée...).
- Que l'on soit personnelllement désavantagé par le nouveau réseau ne signifie pas qu'il est pourri.
- Que l'on soit profondément désorienté par le nouveau réseau ne signifie certainement pas non plus qu'il est pourri.
- Marcher de 1 à 5 minutes pour rejoindre son arrêt de bus le plus proche est normal. Sinon, ça s'appelle la voiture, le vélo ou le taxi. Lorsque l'on prend les transports en commun, on accepte de ne pas être d'un point A à un point B en temps record sans correspondance quelque soit l'heure de la journée.

Donc, pourquoi ai-je un apriori positif sur le réseau dévoilé ? Parce qu'il offre une idée, et que celle-ci me plaît : offrir moins de lignes, mais plus longues, plus renforcées, et plus interconnectées. Traduction : au lieu d'avoir une ligne Machin pour A à B, une autre pour C à D, une autre pour E à F, et ce encore trente fois, Fil Bleu a décidé de renforcer l'interconnexion entre les lignes. Comme les lignes sont longues et complexes, elles se chevauchent plusieurs fois sur le trajet, permettant de rejoindre aisément un point de la ville. Et comme ce sont beaucoup de "grandes" lignes, la correspondance est certes inévitable, mais la fréquence des bus est augmentée.
A cela s'ajoute, vous avez remarqué, une "bizarrerie" : les terminus double. Tempête bis ! Foudre bis ! Tonnerre ! On ne va rien comprendre !...
Mais si, vous allez comprendre...! Franchement, si vous avez réussi à mémoriser l'ancien réseau, celui-ci ne posera pas de souci ; tout ce que vous avez à faire, c'est de ne pas vous planter au moment de monter dans le véhicule et de vérifier son "A" ou son "B".
Alors, moi qui suis à une extrémité, j'aurai moins de bus ? Raaah mais non, puisque ce sont des grandes lignes : en gros, au lieu d'avoir deux lignes qui passent toutes les vingt minutes (comme actuellement), vous aurez une ligne qui prend un tronc commun toutes les dix minutes et qui va vers un terminus toutes les vingt minutes ! Donc cela ne change rien, du moins en théorie. Et cela simplifie même la carte puisqu'une fois en centre-ville le trajet est le même (on évite donc deux lignes aux couleurs et numéros différents qui ne se différencient que sur moins de la moitié du trajet).

Ce réseau a des défauts, c'est sur. Il en a même sûrement rajouté. Mais j'avoue avoir été de plus séduit par la réelle extension d'ouest en est au niveau central, par exemple le fait qu'il est beaucoup plus facile en journée d'aller de Saint-Pierre-des-Corps (les Corpopétrussiens sont à mon avis les plus grands gagnants) aux Atlantes, puis aux Fontaines, aux Deux Lions... et donc aussi d'aller des Fontaines aux Deux Lions.
Au final, le plus gros point fort de ce nouveau plan est d'assurer une bien meilleure interconnexion entre les trajets. Après une étude approfondie des lignes, et surtout, une expérience régulière, Mme Michu saura qu'il faudra jongler de "ligne avec fréquence toutes les dix minutes" en "ligne avec fréquence toutes les dix minutes", et que pour rentrer chez elle en banlieue dans son pavillon 80m² avec jardin et piscine (qui bloque l'accès au jardin) elle prendra 'ligne avec fréquence toutes les vingt minutes car attention moi je prends le A, haha n'est-ce pas Mme Santos".
Et les personnes qui ont le cul bordé de nouilles pourront s'onergueillir d'avoir plusieurs grandes lignes près de chez elles et d'avoir l'embarras du choix pour aller faire les emplettes Galerie Nationale, ou bien pourquoi pas, à l'Heure Tranquille car c'est calme et y'a moins de monde (bon ok je suis vachard).

Ma plus grande peur reste qu'il est possible que les concepteurs du projet aient jarté des connections essentielles, et qu'on se rende compte que ça fout bien la foire.
Aussi j'avoue avoir du mal à comprendre la logique de la ligne 1 avec le futur tracé du tramway qu'il est censé remplacer, sauf si on admet que le secteur 1A est bien la future extension du tram, et que ce n'est pas un tronçon de la ligne 2.
Enfin, je suis partagé par le réseau de nuit (j'en suis un utilisateur régulier je précise). Très bon point : pouvoir aller pour certains trajets, du nord au sud, et inversement, sans correspondance. Point litigieux : on abandonne pour le nord et le sud de l'agglo le système circulaire, qu'on garde pourtant pour les N3 et N4 du centre. Le résultat est impitoyable : pour aller en centre-ville ou rentrer chez soi, on ne dispose plus bel et bien que d'un bus par heure. Avant, même si cela pouvait prendre du temps, et même si les trajets se révélaient diablements longs, on avait le choix de la direction, et profitait logiquement du double de bus. N'oublions pas que le réseau de nuit n'a pas du tout la même logique que celui de jour : il y a moins de bus, donc ils doivent accomplir un plus gros trajet. Les nouveaux N1 et N2 privilégient le direct, au détriment du complet. Pire, des communes comme Saint-Pierre, pourtant bien desservies la journée, ne le sont pas toujours pas passées 21 heures !!! C'est pour moi le plus gros point noir : c'est un véritable retour en arrière.

Attendons de même le futur réseau suburbain de 2010. En voici un sujet intéressant... Et éminemment politique ! Où les jeux d'intercommunalité ne jouent pas une petite place. Alors messieurs dames : à quand une ligne Fil Bleu régulière vers Montlouis ? Vers Véretz ? Et juste vers Larçay ? Notez bien que je n'ai rien contre les Stéphanois, nos excentrés du nord-ouest... Il faut avouer que ça donne une forme comique au plan.

Bref, tout ce que j'ai dit reste des prévisions, et tout le monde sait qu'il n'y aura qu'un moyen de savoir si ça va marcher : en l'utiisant et en vérifiant par soi-même tout au long de l'année !
Je joue à mon spécialiste (je suis géographe de formation, ça peut aider), mais je n'en suis pas un (il suffit de voir, je ne connais même pas à 100% le tracé du tramway !), et peut-être ai-je tort. Pour l'instant, j'ai un excellent apriori sur le réseau du 31 août, et j'espère de tout mon coeur qu'il arrivera à dépoussiérer le bus à Tours et corriger ses imperfections.

Terminons sur un lien chouettos, si le sujet vous intéresse, le forum non officiel du réseau Fil Bleu : http://snofilbleu.free.fr/forum/
Avec des vrais morceaux de gens qui semblent s'y connaître à l'intérieur.
Par Vinczc - Publié dans : Tours, ma ville
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