13 albums récents

Publié le par Vinczc

En 2020, sur Facebook, une amie nous a proposé de poster dix albums qui nous ont fait kiffer ces cinq dernières années.

Facile ? ... Pas tant que ça. Des vieux albums découverts ces cinq dernières années ? No problem : j'accumule les vieilleries, m'enfonçant dans le "c'était mieux avant" plus vite que le tonton bourré au repas de Noël.

Mais il y a quand même eu des trucs sympas dans cette fin de décennie 2010, non ? Oui, rassurez-vous... Il y en a eu, il y en a, et il y en aura encore !

J'ai gratté et j'en ai trouvé, y compris pour moi.

Et vu que j'aime bien partager mes goûts, j'en remets une couche en les décrivant un peu !

Voici donc, dans une période de sortie allant de 2015 à 2020, huit disques + cinq plus "mineurs" mais qu'on ne saurait que conseiller. Avanti !

 

The Shins

Heartworms

 

Quelques très proches savent le culte que je voue à James Mercer. Avec ses airs de hipster de Portland (ce qu'il semble être d'ailleurs) et sa voix reconnaissable, le barbu est un des plus grands songwriters actuels. Un compliment très fort dans ma bouche d'amateur qui considère la meilleure pop avec noblesse, et la chanson comme un art.

Connu entre autres par sa collaboration électronique dans Broken Bells, c'est avec son groupe The Shins qu'il fait l'essentiel de sa carrière ; groupe qui d'ailleurs consiste en James Mercer et ses potes, qui fluctuent en fonction du projet et des humeurs du moment.

Évidemment, les Shins ne seront jamais assez connus ; fort heureusement ils trônent haut sur le podium des réutilisations dans les œuvres de fictions : New Slang et So Now What dans les films de Zach Braff, No Way Down dans un Spiderman, Simple Song comme fin de saison de How I Met Your Mother... De quoi se rappeler régulièrement à nos bons souvenirs.

Quasiment aucune faute de parcours, et le petit dernier Heartworms (à ne pas confondre avec la version réinterprétée, The Worm's Heart) ne faillit pas à la règle. Toujours ces chansons sublimement troussées, en apparence bien casse-gueule (des paroles pas possibles, aussi bien sur la forme, la longueur et le rythme que le fond, mais qui passent crème avec James) et pif, pof, magie, sonnent au final comme une évidence. Un des porte-étendards de la pop à l'américaine, émouvant, malin.

 

Wobbler

From Silence to Somewhere

 

Gros dossier que cette sortie des Norvégiens de Wobbler. Instantanément catapultée au sommet des meilleures œuvres de rock progressif de l'année, de la décennie, du prog contemporain, voire (bon, là, on va se calmer) tout court. Et pourtant, sans faire l'unanimité ! Car oui, From Silence to Somewhere, c'est du progressif "classique". Du symphonique à la papa, du genre à titiller tous les baby-boomers par la barbichette. Les plus modernes fustigent ce manque de nouveauté, cette resucée des temps glorieux.

Le meilleur moyen de se faire une opinion, c'est de l'écouter.

Mais on ne va pas se mentir : on a connu pastiche beaucoup moins inspiré. Les mélodies sont uniques, percutantes, la construction d'une finesse redoutable. Le potentiel de réécoute pour les fans tend vers l'infini. Ce genre de classique instantané du style, on ne nous en offre hélas encore trop peu.

Les allergiques au prog auront la nausée rapidement, les autres seront aux anges !

 

Radiohead

A Moon Shaped Pool

 

Oui, ben oui, Radiohead. Vous vous attendiez à quoi ? Le plus grand groupe de pop rock existant, "the" valeur sûre ; un des seuls qui ne nous fait pas regretter d'être né avant.

Mieux : la mélodie revient en force, et Thom arrête un peu de scander pour revenir au chant, domaine qu'il maîtrise pas trop trop mal, non ? (rires)

Certes, certains motifs sonnent comme du déjà-entendu, mais de nombreux autres apparaissent comme de nouveaux classiques qui n'attendaient que de rentrer dans le bréviaire du groupe. Comment se sentir floué sur la longueur, tellement l'expérience se révèle revigorante et enrichissante. Plus que la musique de la dépression, Radiohead est la musique de l'introspection. En devenant le groupe de chevet de toute une génération paumée mais qui refuse d'abandonner la beauté aux one-hit wonders criards, les Anglais ont touché le jackpot.

 

Parquet Courts

Wide Awake!

 

J'ai particulièrement flashé sur cet album plutôt médiatisé de Parquet Courts, car il m'a offert un joli pot-pourri de ce qui m'a fait vibrer dans l'indie-rock. Ce mélange entre punk, post-punk et juste rock. Ce sexe constant entre l'attitude rock'n'roll et une musique plus recherchée et intellectuelle. Sans rien révolutionner, ils balancent juste des super morceaux, parfois très courts, parfois non, toujours incisifs. Ils ont une belle tête de branleurs, mais y'a de quoi : on écouterait volontiers leur disque à moitié bourré et euphorique.

 

Steven Wilson

To the Bone

 

Je détaillerai probablement dans un autre article (mes meilleurs concerts !) les quelques fantastiques disques solo du sieur Wilson, et à quel point il est LE pape du rock progressif moderne (imaginez du peu : ... il a  du succès !).

Il n'empêche que lui non plus n'a pas résisté au virage vers la pop, à l'instar de toutes les grosses machines du genre dans les années 80. Peut-on comparer ? Difficilement : le contexte est différent, et le progressif est devenu un genre de niche dont les évolutions ne s'évaluent plus vraiment en comparaison avec d'autres styles, mais plus avec lui-même. Steven Wilson fait-il aussi cela pour plus vendre ? Tout aussi ardu à répondre. Il a maintes fois déclaré qu'il comptait bien briser les carcans et faire comme bon lui semblerait. The Future Bites est parti dans un trip extrêmement electro-pop, qui va en laisser encore plus sur le carreau, mais dont le concept et la thématique apparaissent comme clairement désignés et solides.

Le fautif de ce revirement ? L'opus précédent, To the Bone, qui enchaîne onze pistes, souvent en-dessous des sept minutes (l' "epic" de neuf minutes, Detonation, est formidable). Comme beaucoup, j'étais sceptique, et j'ai eu du mal à rentrer dedans. Mais j'ai pourfendu mes barrières, car oui, c'est du Steven Wilson pur jus, aussi bien dans la composition, le chant, que les idées. Même si on peut regretter les chefs-d'œuvre précédents (il faut écouter celui-ci indépendamment, c'est indispensable), le format se prête à merveille au monsieur. Ce n'est probablement pas meilleur, mais non ce n'est pas choquant ; et n'oublions jamais que Porcupine Tree, à la base, c'était quand même du prog par moments sacrément néo et allégé (aucun jugement de valeur).

C'est pourquoi je suis un peu triste que le monde du progressif (parfois très conservateur et bien moins ouvert qu'il ne le pense) n'ait pas rejoint les bonnes notations accordées à To the Bone... Permanating s'est mangé quelques torrents de merde bien sentis, alors que c'est une des tunes les plus catchy de ces dernières années. Song of I et Pariah explosent de puissance tout en se présentant comme des singles idéaux ; Song of Unborn est une fin parfaite. C'est vraiment de la très bonne pop-rock.

 

Ultra Vomit

Panzer Surprise !

 

J'ai vu que certains puristes du metal n'apprécient pas des masses qu'Ultra Vomit squattent le gros des ventes du genre en France. Faut dire, un concert d'eux c'est un peu la foire à la saucisse : tout le monde s'amuse bien, mais on y retrouve autant Gillou, 50 piges, que Jean-Enzo de la Terminale L. De plus, c'est des bons clients, on peut les citer dans les magazines qui découvrent avec trente ans de retard que les metalleux n'ont pas la variole.

Libre à ces gens, je ne critique pas. Mais bon, le vrai puriste s'en fout j'ai envie de dire. Ses groupes favoris ne deviendront jamais mainstream, les miens non plus, et une fois qu'on s'en accommode c'est très bien comme ça.

Ce serait donc dommage de se priver : moi ça fait quinze ans que je les connais, UV (c'est drôle comme abréviation), et c'est toujours la même marrade : même si musicalement ça reste évidemment un minimum solide, l'idée reste de tendre vers le zéro sérieux ; de prendre une référence populaire, une idée à la con, n'importe quoi, et d'en faire une chanson. On rêve tous de faire ça un dimanche après-midi, et eux le font à notre place, avec les moyens et la manière. Keep rockin'!

 

Schooltree

Heterotopia

 

Absolument inconnu, absolument introuvable (enfin, si, mais cher, frais de port compris), ce Heterotopia de la compositrice/chanteuse/claviériste américaine Lainey Schooltree s'avère un bien beau double-disque. Déjà, et c'est hélas assez rare, on a affaire à du vrai rock progressif mais entièrement chanté par une femme, et pour changer, pas de façon "symphonique" mais plutôt rock. Rock progressif donc, mais très accessible ! Les chansons sont courtes et musclées ; les thèmes reviennent juste souvent dans une véritable histoire-concept (elle a je crois été illustrée), qui glisse petit à petit vers des airs plus éthérés. C'est d'ailleurs à mon goût le gros défaut de l'album, qui est trop long pour son propre bien. Heureusement, il est souvent magnifique, le premier tiers vraiment épatant, et il est difficile de ne pas tomber amoureux de cette voix. A suivre, en espérant qu'ils arrivent à percer au-delà des US.

 

Cheeto's Magazine

Amazingous

 

Après un très rapide calcul, le disque que j'ai le plus écouté en 2020. Connaissez-vous ces albums, rares, qui n'attendent plus que vous, qui sont trop sympas car un beau matin ils ont réuni le maximum d'éléments qui vous font kiffer ? Et une fois découverts, vous vous écriez "Aaaaaaah mais oui, mais oui, c'est ça !!!!!".

Le genre de galette qui vous sauve une année merdique.

Faut dire que même sans le son, ça partait bien : nom débile, pochette débile, Espingouins délurés faisant leurs concerts en collants. Et musicalement, mince ? Il faut imaginer : un rock festif ultra-pêchu qui fait voir la vie en rose, un monde où les guitares électriques et les claviers effectuent un séjour à Disneyland en transitant par les comédies musicales les plus feel-good possibles ; où un vrai metal progressif bien vénère à la Dream Theater a jugé chouette d'inviter une section de cuivres et des chœurs complètement fantaisistes, blindé d'airs et de riffs d'une efficacité écœurante, avec un lead vocal top moumoute.

Vu la description, ça vous semble génial ? Ça l'est.

 

 

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On passe au reste ! J'ai cherché d'autres galettes cool, et en creusant, j'ai choisi celles-ci.

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Pearl Jam

Gigaton

 

Frustrante époque que la jeunesse : émerveillé par l'infinité des musiciens talentueux qui sortent de nulle part, un style en chassant l'autre à grande vitesse. Et en parallèle, l'ignorance, l'accès au savoir, l'argent, le manque de curiosité et de concentration dignes d'un poisson rouge aussi..., ne permettent pas d'en suivre autant que l'on voudrait. Donc, Nirvana c'est OK, mais Alice In Chains et Pearl Jam c'est un peu passé à la trappe.

Est-ce bien grave ? Non. Aurais-je aimé ? Je n'en sais rien. Donc on parle bien d'un disque de Pearl Jam non pas de 1991, mais de 2020. Soit un chouette rock mélodique, évidemment aux légers accents grunge qui nous manquent pas mal. Un album complet, alternant avec plaisir moments rudes et soyeux, avec un Eddie Vedder toujours présent.

 

Andy Shauf

The Party

 

Il y a dans ce monde des choses immuables. En est une celle de savoir avec certitude que, malgré toutes les modes, les tendances, et les compositions pas toujours heureuses qui triomphent sur les ondes, il existera toujours des gens qui écrivent cette pop d'étudiant en lettres mal rasé, celle douce et sucrée qu'on déguste avec un thé jasmin et des cookies bio. Celle des chanteurs qui ne crient pas trop fort, qui veulent juste accompagner le printemps d'une ambiance belle et délicate.

J'extrapole beaucoup les désirs profonds de ces compositeurs-interprètes ; reste que j'en ai tiré un sous-genre à part, celui des filles et fils de Belle & Sebastian.

Superbe court essai d'Andy Shauf, ... en attendant le prochain de son acabit donc !

 

David Bowie

Blackstar

 

J'ai assez peu écouté l'adieu de David Bowie au monde. C'est un album fameux, puissant, marchant sur des pistes que le monsieur avait déjà explorées avec talent. Et qui mérite d'être relancé sur la platine régulièrement ; juste pour ne pas oublier l'ampleur du gars. Il avait presque soixante-dix ans, et était moins ringard que vous et moi. Il a toujours essayé, souvent avec moult réussite, de coller à son époque voire de la surpasser. Jusqu'au bout parmi les hommes les plus classes de la planète.

 

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et on termine par les petits Français !

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Gojira

Magma

 

Qu'évoque le nom "Magma" ? En premier lieu, un des plus grands groupes de musique français de tous les temps ; mais ce n'est pas de lui dont on parlera ici.

Magma est l'avant-dernier album d'une autre gloire hexagonale, plus récente. Okay : personne n'est obligé d'aimer Gojira, ni le metal, mais ne pas les connaître au moins de renommée, attention ça va finir par faire tâche !

Avec leurs paroles écolo, leur death metal mélodique (oui, oui, ça existe, et c'est superbe quand c'est bien fait), leurs riffs ultra-reconnaissables, leur batteur monstrueux, leurs prestations au milli-poil etc., les quatre zicos sont aujourd'hui reconnus internationalement. Et je ne déconne pas : Gojira est considéré comme un des plus grands groupes de metal mondiaux aujourd'hui, et ce n'est ni erroné ni orienté de l'affirmer. Magma s'avère une excellente entrée en matière (et plus accessible que le reste) dans l'univers de ce groupe qui défonce.

Toujours pas vus en live... Mais qu'est-ce que je fous ?!

 

Odezenne

Au Baccara

 

Je ne vais pas vous mentir, et je ne sais même pas si on peut parler d'une révélation. Ce n'est même pas un poids à m'enlever tellement je suis content de le dire si on me le demande. Je n'aime pas ce qu'on appelle le rap "récent". Bien sûr, le rap en 2021, c'est vaste ; et il y a toujours de sacrés bons trucs. C'est bien trop facile de tomber dans le cliché du trentenaire qui ne jure que par le old school. Et pourtant, j'ai pas mal essayé, mais rien à faire : ça m'emmerde. Cette trap et ces beats de simili-dépressifs complètement mous du zguegue arrivent à peine à me faire décrocher un tapement de pied ou une réaction corporelle.

Donc oui, c'est avant tout une question de style. Car dans le lot il y a des trucs que j'aime bien. Comme Odezenne. On ne peut pas faire plus 2021, plus arty, plus rap récent. Et oui, c'est chouette, c'est bien construit, il y a des purs morceaux. Là où on voit que ce n'est toujours pas mon style, c'est sur la durée, je ne suis pas sûr de tenir. Je les ai vus en concert (c'était cool), et la fin me semblait longue c'est dire. Promis, je continuerai à fouiller le rap récent (Dalla$, Orelsan, etc.) pour ne pas vieillir trop con.

 

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