The Divine Comedy - les débuts (2/10)

Publié le par Vinczc

Je diviserais la carrière de TDC en 3 grandes périodes, bien que la première soit du genre très courte :

* Les tout débuts (1990-1992)
* Les années 90 (1993-2000)
* Les années 2000 (2001 à nos jours)

Aujourd'hui nous allons étudier cette fameuse première période ! Je tiens à vous prévenir, elle est complètement dispensable si vous n'êtes pas fans, et je ne vous conseillerai pas de commencer par là. Quoique le style sonne tellement différent qu'il est possible que vous aimiez le TDC des débuts et non celui qui s'est émancipé.

Pour cela, je vais m'attarder sur deux sorties : Fanfare For The Comic Muse et l'EP Europop.


Fanfare For The Comic Muse

Ce mini-album sort en 1990. Il est actuellement introuvable dans le commerce (c'est une pièce de collection) à part sa réédition de 1998. Autant dire que le net l'a pas mal fait découvrir aux amateurs.
Les sept morceaux qui le composent sont plutôt "inédits", en fait je veux dire qu'ils n'ont pas été repris plus tard sous une autre version, à une ou deux exceptions près.
A sa sortie, Fanfare fait une forte impression dans les réseaux musicaux underground. Certains voient déjà le groupe parmi les futurs grands. Il faut dire qu'outre une production plus qu'honorable,  l'ensemble est vraiment remarquable.

Première surprise pour ceux qui sont habitués au Divine Comedy traditionnel, c'est plutôt rock. Les instruments se confinent à la gratte électrique, la basse, la batterie et bien sûr la voix, qui est aisément reconnaissable. On a droit à une palette variée (allant d'un doux poétique à une puissance presque punk) d'un mélange assez original de pop-rock et de ce qui fera le futur style TDC.
Ignorance Is Bliss ouvre le bal. C'est une compo pop-rock en apparence banale, mais très fraîche, et littéralement portée par la voix de Neil. Indian Rain va plus loin, les harmonies vocales virent au carrément mélodieux, dans un style très aérien. La musique est impeccablement fluide.
Et puis vient Bleak Landscape. Première approche en terrain connu : Neil accompagné d'un choeur (son propre choeur ?) délivre une prestation de crooner sur une structure rythmique ultra-dépouillée et très lente. Seule la guitare vient de temps en temps rajouter à cette légereté un peu fantaisiste, jusqu'à ce que le morceau décide de s'accélérer et de conclure sur une partition rock. La ligne est pourtant restée la même du début à la fin, preuve d'une fusion réussie entre deux tendances de TDC.

Que nous réserve Tailspin ? Je vous le donne en mille : du rock ! Si vous pensez que Neil Hannon est incapable de partir dans des envolées punk, écoutez ça. Le propos est plein de la fougue de la jeunesse, fort d'un propos revendicatif simple : "Wait ! We hate unhappy endings, and there doesn't have to be one !" (si j'ai bien traduit : "Attends ! Nous avons horreur des fins tragiques, et il n'y a pas de raison qu'il y en ait une."). Mine de rien, c'est court mais très accrocheur. Et parfait pour un milieu d'album.
The Rise And Fall reste dans la lignée de Bleak Landscape, mais est encore plus proche du TDC moderne. La seule différence est cet accompagnement instrumental ; je trouve même que le refrain est assez proche de l'intro de A Seafood Song dans Promenade.

Logic Vs. Emotion est sans conteste ma préférée de Fanfare. Le chant est incroyablement harmonieux, léger, racontant l'histoire d'une dame et de son environnement face à l'envahissement du développement (enfin je crois...), à moins que ce ne soit plus imagé. En tout cas, l'émotion est en effet au rendez-vous.
L'album se conclut (déjà !) sur Secret Garden, qui ne dépareillerait pas comme face-b d'un futur album des 90's, montée en puissance traditionnelle mais très bonne. Cette dernière a d'ailleurs été jouée en live cette année ! Ce qui ne manquait de provoquer la curiosité.

Car, oui, ce qu'il faut savoir, c'est que mis à part pour les fans, Fanfare est très peu connu. A vrai dire il est tombé dans l'oubli le plus total, jusqu'à ce que Neil décide de lever la disgrâce en 2006, entre autres avec le titre de son nouvel opus, Victory For The Comic Muse. Tous les espoirs restent permis : nouvelle réédition, prestations live ?

Fanfare est donc le tout premier album de The Divine Comedy, mené par un leader, Neil Hannon déjà en très grande forme. Seulement, vous verrez peut-être parfois Liberation comme premier album, tout simplement car lui est le premier "véritable" album du TDC moderne. Cette confusion a tendance à s'estomper, avec la résurgence de Fanfare. Il n'empêche que ce dernier a peu de chance de transcender son succès d'estime car, malgré sa grande et très précoce qualité, il reste en-deça des autres albums, et ne joue clairement pas dans la même catégorie.


Europop EP

Je vais à présent vous parler d'un EP (Extended Play soit à mi-chemin entre l'album et le single, équivaut à un maxi ; je me demande d'ailleurs si on peut comparer Fanfare comme un EP...) sorti en 1992 (et à coup sûr collector).
J'aurais pu mentionner le Timewatch EP de 1991, et même plus tard tous les autres CD inédits qui ont accompagné les albums, mais ce qui fait l'intérêt de celui-ci est qu'il assemble tous plein de pistes dont on n'aura probablement plus l'occasion de parler par la suite !

Alors là, si vous connaissez un peu la discographie du groupe, vous me dites : Europop c'est bien un morceau qui est sorti plus tard, non ?
Hé bien oui, dans une version différente ! Il faut savoir que presque la moitié de Liberation est une remise au goût du jour de travaux antérieurs.

L'Europop EP est donc une belle passerelle entre les débuts du groupe et la carrière "solo" de Neil Hannon.
Nouvelle surprise : c'est très très rock ! On a l'impression d'un retour en arrière : Fanfare établissait les bases du futur TDC, mais tous les morceaux ici sont fortement inspirés de la pop-rock alternative style R.E.M.
L'effet de répétition est hélas assez présent : pas évident au premier abord de distinguer New Wave, Monitor et Intifada ! Profitez de cette occasion pour entendre Neil dans un registre à dix mille lieux de ses productions majoritaires.
Jerusalem est plus convaincante : les sursauts d'énergie faisant suite à des complaintes calmes, apaisées, presque inaudibles.

Mais la grande attraction reste sans conteste le duo Europop - Timewatch.
La première est aussi la première version officielle (ou une des premières) de l'hymne technoïde de Liberation. Dur de reconnaître quand il n'y a ni claviers ni arrangements poppy ! L'intro n'est ni plus ni moins que le pont de la future version. La mélodie est la même mais dans une version pop-rock telle qu'on en a l'habitude d'entendre à cette période du groupe.
Pour la seconde, c'est pareil ! Ce qui est plus étonnant quand on connaît le Timewatching en question, ballade d'une douceur inégalée. Ma foi, son look rock indie ne me déplaît pas du tout.
Je pense aussi que quand les mélodies sont bonnes à la base, il n'y a pas de raisons que les différentes déclinaisons soient mauvaises.


Alors pourquoi ai-je tenu à vous faire découvrir ces deux productions ?
- Les compositions de l'époque sont déjà très bonnes.
- L'occasion de voir Neil Hannon dans un tout autre registre est là, et pas vraiment ailleurs.
- La curiosité d'entendre les pré-versions de certains morceaux, complètement différentes.
- Comprendre certaines racines de la musique de TDC. Cette époque l'a sûrement beaucoup inspiré pour ses débuts, malgré la coupure.

La coupure, parlons-en. Il n'y a pas de "mot" spécifique pour décrire le changement d'orientation de Neil à cette époque.

Les faits sont là : en 1993 (dans les environs, je ne suis hélas pas spécialiste), le groupe se dissout et Neil, en bon leader, décide de garder le nom. C'est lui qui compose et chante. Seul, il peut se permettre de gérer la barque comme il l'entend.
Et ce qui devait arriver arriva : relookage total.

                                                                  (suite au prochain numéro.............................)
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E
Bon alors, si le lien avec l'animation ne marche pas, va sur "le site du jour" fais rechercher "vache folle" et en principe tu y es !<br /> <br /> Et mon imel je te le laisse où ? Je vais chercher...
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V
Tu ne peux pas m'envoyer de mail directement à partir du blog ? Soit, écris-moi sur (e-mail effacé) ;)